Bilan de la conférence de Philippe Hurteau

2 Déc

Les bons coups des syndicats sont rarement soulignés par les chroniqueurs professionnels et les polémistes des médias commerciaux au Québec. Bien au contraire, on leur attribue trop souvent tous les maux possibles de la société et on les présente comme une menace au bien-être économique.

Ainsi, dans le cadre de la semaine de la relève syndicale, Philippe Hurteau, chercheur à l’IRIS, est venu présenter une conférence au Carrefour de l’information de l’Université de Sherbrooke afin de décortiquer les principaux mythes sur les syndicats au Québec. Il a offert a à la population universitaire un coup d’œil plus frais sur une thématique occultée dans le discours public, soit la légitimité et la nécessité de l’action syndicale dans la société québécoise. En somme : Est-ce que les syndicats nuisent à l’économie québécoise ?

En effet le Québec a un taux de syndicalisation unique en Amérique du nord qui se chiffre à approximativement 40% pendant que le reste du Canada atteint une moyenne de 28%. À ce niveau, le Québec se présente comme un hybride entre le modèle scandinave (70%) et le modèle nord-américain. Toutefois, au fil des informations fournies par le chercheur (disponible sur leur site internet iris.org), on constate que le Québec ne s’est pas moins débrouillé économiquement lorsqu’on le compare aux autres provinces dans les catégories de l’investissement privé et de la productivité.

Le syndicalisme a un effet sur l’économie en matière de redistribution de la richesse. Les pays favorisant la syndicalisation se démarquent de ceux où le taux de syndicalisation est plus faIible en ce qu’ils s’attardent au degré d’inégalité entre les citoyens et citoyennes et se préoccupent des lois qui favorisent le partage des profits dans une entreprise par l’entremise de la fiscalité. Quand seuls les favorisés de la société ont leur mot à dire, c’est principalement leurs points de vue qui sont valorisés. Ainsi, dans des sociétés où la richesse est mal répartie, ont peut être porté à croire que le pouvoir l’est également.