Dans le cadre de la semaine de la relève syndicale, les membres du comité exécutif du SAREUS partageront les motifs de leur implication syndicale ainsi que leur vision du syndicalisme en 2014. Nous vous présentons aujourd’hui le texte d’Esther Girard-Godin, présidente

30 Oct

Le mouvement syndical ne jouit présentement pas de ses plus belles années au Québec : baisse du taux de participation dans les assemblées générales, opinion publique ambivalente, centralisation des instances, sans compter les attaques au mouvement syndical de plus en plus répandues de la part de nos élu.e.s. La semaine de la relève syndicale représente une belle occasion pour les jeunes de faire part de leur vision syndicale en 2014 et pour les années à venir.

Au SAREUS, la concentration de jeunes membres fait en sorte que le syndicat est constamment renouvelé non seulement dans ses exécutant.e.s, mais aussi dans ses idées et ses orientations. Je crois fermement que les syndicats ne se limitent pas qu’à des organisations techniques génératrices de conventions collectives et de griefs. Au contraire, les luttes politiques font partie intégrante des objectifs syndicaux. Le syndicalisme au Québec représente un réel rapport de force qui survit grâce à ses membres impliqués et solidaires.

J’aimerais rappeler que la dynamique syndicale-patronale au Québec à partir des années 1960 jusqu’aux années 1980 se définissait de manière beaucoup plus coopérative et réciproque que le climat de confrontation instauré dans les dernières années et je dirais même renforcé dans les derniers mois par nos gouvernements fédéral et provincial. La préoccupation économique est devenue l’argument définitif aux revendications syndicales. On nous accuse de ne pas être réaliste et d’en demander trop; que chacun doit faire sa part pour redresser les finances publiques. Ces arguments idéologiques sont devenus monnaie courante et réussissent à convaincre une partie de la population que le syndicalisme n’a plus sa raison d’être. C’est qu’on oublie trop vite que le mouvement syndical est à la base d’une société juste et en santé où la richesse globale et la qualité de vie est distribuée de façon équitable.

Le mythe voulant que le syndicalisme tue la productivité et la croissance économique a été démenti à plusieurs reprises. Au contraire, la négociation d’augmentations de salaire ainsi que les protections en matière d’emploi a démontré un soutien à la consommation et à la demande intérieure, ce qui correspond davantage à un modèle économique viable sur le plan social que l’appauvrissement continuel de milliers d’individus au profit d’un petit nombre de richissimes propriétaires d’entreprises. Il est aussi important de rappeler que les pays où le taux de syndicalisation est le plus élevé font partie des pays où les inégalités sociales sont les moins élevées!

Les grèves et les luttes syndicales sont ni plus ni moins à la source de nos acquis sociaux. Le mouvement syndical au Québec doit se réformer, mais non se résorber. Et cela passera essentiellement par l’implication de l’ensemble des travailleuses et travailleurs qui continueront de croire en l’égalité des chances et des conditions de vie.