Dans le cadre de la semaine de la relève syndicale, les membres du comité exécutif du SAREUS partageront les motifs de leur implication syndicale ainsi que leur vision du syndicalisme en 2014. Nous vous présentons aujourd’hui le texte de Youri Lambert-Milot, responsable aux relations de travail.

29 Oct

Le plus grand défi auquel fait face le syndicalisme québécois d’aujourd’hui est probablement d’assurer une relève pour l’avenir et une participation active de ses membres. Dans notre société contemporaine, et comme pour plusieurs autres organisations, les syndicats peinent à impliquer et à mobiliser leurs membres. Les faibles taux de participation aux assemblées générales sont un exemple parmi d’autres. Les institutions démocratiques de nos sociétés occidentales vivent les mêmes difficultés, pensons notamment aux faibles taux de participation aux élections scolaires ou municipales au Québec. C’est pourquoi, dans le cadre de la semaine de la relève syndicale, j’aimerais partager un témoignage avec vous : le mien, celui de mon implication au SAREUS et les raisons qui m’ont poussé à « faire le grand saut ». 
Il est si commode de rester dans sa zone de confort et de vivre au quotidien en observant passivement ce que l’actualité nous réserve jour après jour. Plusieurs sujets ou événements nous interpellent quotidiennement selon nos valeurs et nos prédispositions : reliés à l’environnement, la politique, la science, l’économie, la sécurité, le sport, etc. Il est toujours plus facile de les observer et de les juger que d’y participer. C’est la raison pour laquelle je qualifie ma récente implication syndicale comme « faire le grand saut ». Parce qu’encore récemment, je ne ressentais pas le besoin de passer à l’action. Je restais, probablement par habitude de longue date, dans ma zone de confort. 
En général, nos intérêts sont multiples et notre temps, limité. Il faut donc faire des choix si l’ont veux passer à l’action, participer et s’impliquer. Mais j’ai l’intuition que ses choix ne sont pas toujours pleinement réfléchis et planifier. Je crois que c’est le cas de mon implication au SAREUS, qui a davantage découlé d’un contexte personnel où je cherchais à m’impliquer dans une organisation qui rejoignait mes valeurs. 
C’est la grève étudiante de 2012 qui fût pour moi le moteur de ce désir de passer à l’action, de sortir de chez moi et de cette « zone de confort ». Suite à cet événement, j’ai commencé, très timidement, à m’impliquer dans mon association étudiante de premier cycle. Puis, l’année suivante, j’ai occupé, pour la première fois de ma vie, un poste comme exécutant de mon association de deuxième cycle. Suite à mon premier contrat de recherche, l’hiver dernier, j’ai découvert que nous étions syndiqués avec le SAREUS et en mars dernier, j’ai finalement décidé de me présenter au poste de responsable aux relations de travail.
De fil en aiguille, de petites implications m’ont mené jusqu’au SAREUS. Et je crois que si j’ai retenu une chose de ce parcours, c’est qu’au moment où l’on décide de s’impliquer, il ne faut surtout pas se poser la question : « ai-je le temps? » La réponse est souvent négative. Il faut surtout se demander : ai-je le goût, la motivation? » Si oui, il ne faut pas hésiter. Et malgré le fait que je n’avais jamais été en contact avec le monde syndical auparavant, ces quelques mois parmi une équipe dynamique et dévouée, qui m’a bien guidé dans mes nouvelles fonctions, m’ont permis de réaliser à quel point l’implication dans sa société, sa communauté ou son milieu de vie est une expérience enrichissante et formatrice.
Bref, peu importe la nature de l’implication, je crois que la participation des individus est nécessaire pour conserver une société libre et démocratique en bonne santé. 
Bonne semaine de la relève syndicale!